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40 ans après Tchernobyl – ce qui aurait dû mieux se passer : planification d’urgence et notification précoce

Suite à l’accident de Tchernobyl, de nombreuses choses ont changé en matière de sûreté nucléaire. Il s’est avéré que l’échange d’informations avec les pays environnants n’était pas réglementé, le reste de l’Europe n’ayant été informé de la catastrophe que lorsque deux jours plus tard, des valeurs d’alerte ont été mesurées sur les semelles des collaborateurs de la centrale nucléaire de Forsmark en Suède, à plus de 1.000 km de Tchernobyl.

Quel a été l’impact sur la planification d’urgence nationale et internationale ? Comment pouvons-nous éviter cela à l’avenir ?

SCK CEN - In de ban van Tsjernobyl (2020)

Conventions internationales

L’accident a eu un énorme impact sur la politique internationale relative à la sûreté nucléaire. Il a entraîné l’établissement par l’AIEA de deux conventions contraignantes :

  • la Convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire et
  • la Convention sur l’assistance en cas d’accident nucléaire ou de situation d’urgence radiologique

Ces conventions obligent tous les pays participants, dont la Belgique et nos pays voisins, à informer immédiatement l’AIEA en cas d’incident nucléaire pouvant avoir des conséquences transfrontalières. L’AIEA transmet ensuite ces informations aux autres pays concernés.

La Convention sur l’assistance contient en outre des accords pour permettre un déroulement rapide et simple sur le plan administratif des demandes d’aide internationales. Au sein de l’Union européenne, il existe des règlements supplémentaires pour l’échange d’informations et les contre-mesures en cas d’accidents avec des effets transfrontaliers. HERCA, l’organisation faîtière qui réunit les autorités nucléaires et de rayonnement européennes (dont l’AFCN), a œuvré à l’harmonisation et à l’inventaire de ces accords au sein de l’UE.

À l’époque de la catastrophe de Tchernobyl, des normes européennes claires relatives aux niveaux de contamination autorisés dans les produits agricoles faisaient défaut. Il en a résulté des approches divergentes entre les pays et même entre les régions belges. Afin que cela ne se reproduise plus à l’avenir, l’UE a fixé des valeurs maximales autorisées pour l’alimentation et les aliments pour animaux après un incident nucléaire. Ces limites diffèrent selon le type de produit, la destination et le radionucléide concerné.

Création de l’AFCN

Dans les années suivant la catastrophe, on a compris que la Belgique avait besoin d’un organe fédéral, un superviseur du secteur nucléaire. En 1994, une loi a donné naissance à l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN). L’AFCN contrôle toutes les installations nucléaires et l’utilisation en toute sécurité du rayonnement ionisant en Belgique (dans le secteur médical et industriel, et pour la production d’énergie). 

L’AFCN est entre autres responsable de la détermination des valeurs indicatives d’intervention pour les situations d’urgence radiologiques. Ces valeurs indicatives déterminent à partir de quels niveaux de rayonnement des mesures de protection sont nécessaires pour protéger la population et l’environnement. De plus, l’AFCN se charge de délimiter des zones d’exclusion en cas d’accident nucléaire. Il s’agit de régions où l’accès est limité ou interdit afin de prévenir une exposition au rayonnement ionisant et garantir la sûreté de la population. Elle joue donc un rôle important dans la planification d’urgence.

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Plan d’urgence belge

Le nuage radioactif a atteint la Belgique le 2 mai 1986. À cette date, il s’était déjà fortement dilué, mais des radionucléides se sont quand même déposés localement – de manière limitée par les faibles précipitations ce jour-là –, principalement du iode 131 et du césium 134 et 137.

En tant que centre de référence, le SCK CEN a immédiatement démarré des mesures de la radioactivité dans l’air, l’eau et le sol, au moyen d’échantillonnages et analyses ciblés. À cette époque, il n’existait toutefois qu’un cadre politique limité pour l’évaluation de l’impact de la radioactivité sur la population. Cette compétence incombait alors au ministère de la Santé publique.

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Mesures de protection pour la population

Après la catastrophe nucléaire et sur la base des mesures que nous avions effectuées, différentes mesures ont été prises en Belgique. Elles étaient principalement axées sur la limitation de l’absorption de particules radioactives par le biais de l’alimentation :

  • avis aux consommateurs de laver minutieusement les légumes ;
  • avis aux agriculteurs de garder le bétail temporairement dans l’étable afin d’éviter une contamination du lait.

De plus, des denrées alimentaires étaient systématiquement contrôlées. L’accent était surtout mis sur les légumes à feuilles comme la salade et les épinards, mais également sur le lait, la viande et l’herbe.

L’occasion d’élaborer un plan d’urgence nucléaire à part entière

La catastrophe a directement donné lieu à l’élaboration d’un plan d’urgence nucléaire belge à part entière. Nous avons déjà mentionné la création de l’AFCN. Le développement du réseau de mesure national TELERAD et des équipes de mesure mobiles, qui peuvent effectuer des mesures et des échantillonnages dans tout le pays, constitue également une partie essentielle de ce plan d’urgence. Au SCK CEN, nous y contribuons avec notre expertise et un soutien opérationnel.

Lisez tous les détails sur la planification d’urgence belge et le rôle du SCK CEN à cet égard.

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Comment la Belgique se prépare aujourd’hui aux incidents nucléaires

La préparation aux situations d’urgence est testée plusieurs fois par an au moyen d’exercices d’urgence nucléaire. Le SCK CEN est dans ce cadre un partenaire important des autorités pour entretenir et perfectionner le plan d’urgence nucléaire. Cela comprend la recherche et le soutien autour de la propagation de la radioactivité dans l’atmosphère, le développement de stratégies de mesure efficaces et la préparation et l’intégration de procédures d’urgence.

Ainsi, le SCK CEN a récemment mis à disposition le modèle JRODOS, en coopération avec l’IRM. Ce modèle permet de dresser la carte de la propagation de la radioactivité en Belgique, d’estimer l’impact sur la population et l’environnement, et d’évaluer l’effet de contre-mesures potentielles. De cette manière, le SCK CEN contribue directement à une prise de décision plus rapide, mieux étayée et coordonnée en cas de situations d’urgence nucléaire ou radiologique.

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