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L'Estonie recueille l'expertise belge pour son avenir nucléaire

Le SCK CEN forme l'Estonie à la planification d'urgence, à la surveillance radiologique et aux safeguards

L'Estonie envisage de construire des petits réacteurs modulaires (SMR) refroidis à l'eau, qui seront les premiers réacteurs nucléaires sur son territoire. Ce projet nécessite non seulement la construction de l’installation, mais aussi un programme de surveillance efficace, un plan d’urgence nucléaire coordonné et une approche solide en matière de safeguards. Pour préparer l'Estonie, le SCK CEN a organisé un atelier intensif de trois jours sur le site. « L'introduction de l'énergie nucléaire entraîne de nouvelles responsabilités », affirme Uko Rand du Conseil estonien de l'environnement, l'autorité compétente en matière de radioprotection. « Les compétences que nous devrons maîtriser plus tard commencent par ce que nous apprenons maintenant. Cette formation offre exactement ce dont nous avons besoin et ce que l'avenir exige de nous. »

SCK CEN - Estland (2024)

L'Estonie souhaite diversifier son mix énergétique et envisage à cet égard de construire des petits réacteurs modulaires (SMR) refroidis à l'eau. Le pays franchit ainsi une toute nouvelle étape dans sa politique énergétique : l'arrivée des premiers réacteurs nucléaires destinés à la production commerciale d'électricité sur le territoire estonien. « Une installation nucléaire comporte des risques spécifiques, et il est important pour un pays d'être bien préparé à gérer ces risques. Pour ce faire, il faut compléter avec soin l'infrastructure de mesure et les connaissances existantes, en accordant une attention particulière au plan d’urgence, à la surveillance radiologique et aux safeguards », déclare Klaas van der Meer, expert en matière de sûreté et de safeguards au SCK CEN.

SCK CEN - Estland (2024)

Pour un pays qui explore le secteur nucléaire pour la première fois, définir clairement les ajustements nécessaires est un véritable défi. « Le SCK CEN a été le berceau de l'énergie nucléaire en Belgique. En d'autres termes, nous connaissons le parcours qui les attend aujourd’hui, car nous sommes passés par là nous-mêmes. Nous leur avons donc tendu la main et proposé d'approfondir leurs besoins, exigences et priorités », poursuit Klaas van der Meer. Les experts du SCK CEN transmettront leurs connaissances et leur expérience au Conseil estonien de l'environnement. « Nous sommes fiers que notre expérience puisse alimenter et orienter la sûreté nucléaire en Estonie », ajoute-t-il. 

Atelier intensif de trois jours 

Les experts du SCK CEN se sont rendus à Tallinn et ont organisé un atelier intensif de trois jours pour le Conseil estonien de l'environnement. Vingt personnes issues de six organismes différents ont participé à l'atelier. Chaque jour a été consacré à l'un des trois thèmes. Le SCK CEN et le Conseil estonien de l'environnement ont analysé en profondeur la situation actuelle et ont ensuite défini les besoins d'expansion, en gardant toujours à l'esprit la législation européenne. « Prenons l'exemple du programme de surveillance », explique son collègue Johan Camps. « Chaque pays dispose d'un programme de surveillance de la qualité de l'air, de l'eau et du sol. Avec l'arrivée des SMR, il faudrait élargir le programme existant. Nous devons prélever davantage d'échantillons autour de l’installation, les tester spécifiquement pour certains radionucléides et augmenter la densité du réseau de surveillance. »

L'atelier était exactement ce dont nous avions besoin : une séance interactive qui nous a permis non seulement de partager de la théorie, mais aussi d'examiner notre propre situation. L'idée d'organiser un atelier de suivi est sur la table. L'objectif est d'approfondir le dossier. Nous prendrons la carte du futur site et nous dessinerons tout : des points de surveillance stratégiques aux lieux d'échantillonnage.
Uko Rand du Conseil estonien de l'environnement

Il en va de même pour la planification d'urgence. Johan : « Là où l'accent était mis autrefois sur les incidents radiologiques dans les pays voisins, il est désormais mis sur les situations et les citoyens sur le territoire national. Nous nous penchons sur l'aspect technique : nous déterminons la taille des zones de planification en fonction des niveaux de contamination et nous adaptons des stratégies de mesure efficaces et des équipements de mesure en conséquence. » Enfin, ils ont examiné de plus près l'approche des safeguards de la future installation. Cette approche est imposée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'atelier a permis au Conseil estonien de l'environnement de mieux appréhender les exigences de l'AIEA afin de garantir le bon déroulement des futures inspections de l'AIEA et d'Euratom. 

Le Conseil estonien de l'environnement est satisfait : « L'atelier était exactement ce dont nous avions besoin : une séance interactive qui nous a permis non seulement de partager de la théorie, mais aussi d'examiner notre propre situation. L'idée d'organiser un atelier de suivi est sur la table. L'objectif est d'approfondir le dossier. Nous prendrons la carte du futur site et nous dessinerons tout : des points de surveillance stratégiques aux lieux d'échantillonnage. »

SCK CEN - Crisisbeheersing (2019)

La richesse du savoir belge 

D'où vient cette expertise belge ? Le SCK CEN joue un rôle crucial dans la sûreté nucléaire belge en améliorant les méthodes de mesure et les prévisions, et en soutenant le gouvernement. Le centre de recherche nucléaire surveille en permanence les niveaux de radioactivité dans l'air et analyse des échantillons d'air, d'eau, de sol et d'aliments. En cas d'incident radiologique, il collabore avec la cellule fédérale de mesure, tout en conseillant simultanément le gouvernement pour déterminer les stratégies de mesure. Il a également développé des modèles atmosphériques avancés permettant de prévoir la propagation de la radioactivité dans le temps, ce qui est essentiel pour une gestion de crise efficace.

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L'ABC de la sûreté nucléaire

Dans le domaine de la sûreté nucléaire, les termes de plan d’urgence, de surveillance radiologique et de safeguards sont essentiels mais non interchangeables. Chaque terme joue un rôle spécifique :

  • Surveillance radiologique : En temps normal, les rejets radioactifs dans l'environnement sont limités car ils doivent répondre à des normes légales strictes. Le respect de ces normes est contrôlé par le programme de surveillance radiologique du territoire, qui mesure la radioactivité dans l'environnement et dans les produits alimentaires. La surveillance radiologique est une combinaison de réseaux de mesure pour contrôler les niveaux de radioactivité en temps réel et d'échantillonnages périodiques.
  • Plan d’urgence : Lors d'un incident radiologique, plusieurs acteurs à plusieurs niveaux de gouvernement travaillent en étroite collaboration. Un plan d'urgence nucléaire bien préparé assure une coordination harmonieuse des mesures prises par ces acteurs pour protéger la population et l'environnement.
  • Safeguards: Les safeguards sont des mesures de contrôle des matières nucléaires, imposées et mises en œuvre par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'AIEA veille strictement à ce que les matières nucléaires ne soient utilisées qu'à des fins pacifiques.  

Aide du SPF 

Économie Le projet a été financé par le SPF Économie pour soutenir la sûreté nucléaire en Europe centrale et orientale. Il fait partie d'un programme européen de coopération internationale en matière de sûreté nucléaire.

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