De Mol à Fukushima : l’expertise belge mobilisée à l’international
Le SCK CEN analyse des échantillons d’eau de Fukushima pour une étude indépendante commanditée par l’AIEA
En juin, le SCK CEN a participé à une mission internationale organisée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’objectif était de prélever et d’analyser des échantillons d’eau de la centrale de Fukushima Daiichi, traitée par le système ALPS (Advanced Liquid Processing System). Cette contribution souligne une nouvelle fois l’importance du rôle joué par le Centre de recherche nucléaire belge dans la sûreté nucléaire mondiale et la garantie de la transparence.
Un peu de contexte derrière cette mission
En août 2023, TEPCO, la compagnie d’électricité de Tokyo, a commencé à rejeter des eaux contaminées de la centrale de Fukushima Daiichi dans l’océan Pacifique, avec le feu vert de l’AIEA, ce qui devrait s’étaler sur plusieurs décennies. Pour apporter une transparence maximale au processus et démontrer que les normes de sûreté internationales étaient respectées, l’IAEA a décidé d’instaurer, conjointement avec les autorités japonaises, des mesures additionnelles. Ces mesures ont déjà débouché sur quatre missions, la dernière impliquant les groupes LRM (Low-level Radioactivity Measurements) et ISR (Impact & Site Remediation) du SCK CEN.
L’AIEA fait régulièrement appel à des organismes indépendants pour réaliser des analyses et des études diverses. Dans le cadre du suivi des eaux contaminées de Fukushima, l’agence a notamment mis en place des mesures additionnelles pour étendre le programme d’échantillonnage et d’analyse des eaux traitées par le système ALPS. Ce système de pompage et de filtration a pour but de ramener l’activité de 62 radionucléides sous les valeurs de rejet autorisées.
Pour mener à bien cette mission, cinq laboratoires du réseau ALMERA (Analytical Laboratories for the Measurement of Environmental Radioactivity) ont été sélectionnés, dont le SCK CEN que la Division des laboratoires environnementaux marins (NAML) de l’AIEA avait contacté le 6 mai dernier.
L’équipe envoyée au Japon était composée d’un représentant de chacun de ces laboratoires et de trois experts de l’AIEA. Au sein du SCK CEN, la répartition des tâches a été convenue deux groupes spécialisés : ISR (Impact & Site Remediation), qui s’est chargé de l’échantillonnage sur place,et LRM (Low-level Radioactivity Measurements), qui assure l’analyse des échantillons en Belgique.
Cette nouvelle mission s’inscrit dans une politique plus large du SCK CEN, à savoir la garantie d’une utilisation sûre, durable et responsable des technologies nucléaires. La protection de l’environnement et de la population découle naturellement de la longue expertise en radioprotection des scientifiques du centre.
Qu’est-ce que le réseau ALMERA ?
Fondé en 1995 par l’AIEA, le réseau ALMERA (Analytical Laboratories for the Measurement of Environmental Radioactivity) regroupe des laboratoires d’analyse du monde entier dont les compétences sont régulièrement vérifiées par l’agence même. À l’heure actuelle, ALMERA compte 202 laboratoires issus de 90 pays, chaque laboratoire membre ayant été nommé par l’État membre respectif de l’AIEA. Le LRM du SCK CEN en fait partie depuis de nombreuses années et, à cet égard, offre des formations ou contribue à des missions d’expertise (inter)nationales.