In Memoriam Philippe Benoit
C'est avec une profonde affliction que nous avons appris le décès accidentel de notre collaborateur Philippe Benoit ce dimanche 16 octobre.
Philippe Benoit est sorti diplômé Ingénieur Civil Mécanicien de l'Université de Liège en 1981, après quoi il entre au service militaire en tant qu'officier de réserve.
Il a débuté sa carrière cette même année à la "FN Moteurs" où il a fait ses premières armes, ensuite il passe à Diamant Boart en 1984.
Le premier mars 1987, il est embauché au SCK•CEN où il s'occupera des programmes de recherche sur les réacteurs rapides. A l'époque, la Belgique avait pris part au développement du réacteur SNR300 de Kalkar. Après l'abandon du programme au début des années 1990, les activités se recentrent sur les filières traditionnelles et le projet CALLISTO voit le jour. Philippe deviendra rapidement l'âme de ce grand projet fédérateur. On lui doit bon nombre de trouvailles innovantes telles que les pompes compactes, le contrôle commande…
L'installation qu'il a conçue, réalisée, mise au point et même exploitée sera son "bébé". Elle sera mise en service en 1992 et est toujours opérationnelle. Une grande première mondiale.
Survient alors le deuxième refurbishment de BR2 pendant lequel il prend en charge les dossiers "postes d'épuration" et "échangeurs primaires" et ce que nous appellerons "la traversée du désert" : beaucoup de projets avant-gardistes en friche, d'ébauches rapidement mises au rebut. Le BR2 est relancé et les activités reprennent leur cours normal.
Philippe a été aussi un des pères du projet MYRRHA: c'est lui qui réalise le premier pré-design et ainsi donne la configuration actuelle de la machine.
Au milieu des années 2000, le projet POSEIDON est mis en marche. Philippe y mettra tout son talent, son génie et sa persévérance pour mener à bien cette réalisation difficile.
Dans la foulée, grâce à l'essor des programmes sur le LFR et les ADS, il réalise TWIN-ASTIR; et en parallèle, combien d'avant-projets n'a-t-il pas soumis?
Ensuite, c'est EVITA et les programmes de qualification des combustibles des réacteurs de recherche à faible enrichissement (non-proliférants).
Ces derniers mois, il avait également activement participé au projet MYRRHA, à la conception des dispositifs de production d'isotopes et de silicium du futur.
En 2010, il est nommé à la tête de l'unité "Experimental Rig Design" et met ses connaissances et son expérience au service de son équipe.
Philippe était un homme jovial et enthousiaste, en même temps qu'un philosophe averti : les tracasseries techniques ne le démontaient pas et il arrivait toujours à trouver une solution optimale.
Passionné par tout ce qu’il faisait, il partageait également sa passion pour l’aviation avec ses collègues. Il en a emmené plus d’un pour de magnifiques voyages dans les airs. Son virus, il l’a inoculé à pas mal de pilotes en herbe. Il était passionné d’histoire et de géographie et il connaissait tout des Etats-Unis. Les Alpes, il en avait la carte détaillée en tête. Après les vols, on partageait un bon repas, on racontait des histoires, on buvait un bon verre. Il passait la plupart de son temps libre au terrain de Laboru même par mauvais temps. En hiver, c’était le travail en atelier pour réparer, remettre en état des appareils ou planeurs abîmés qui en sortaient rutilants comme au premier jour. Il aimait à répéter que l'aviation lui avait offert ses plus grands défis et réalisations avec notamment son "doctorat ès vols-à-voile".
Car il n’était pas seulement ingénieur, il était un homme de terrain qui mettait son savoir en pratique.
Il aimait tout simplement la vie.
Il manquera énormément à ses collègues et amis et avec lui disparaît une colossale mine de savoir technique.
Vous pouvez exprimer vos condoléances et de sympathie via ce lien.

