Réaction aux articles parus ce matin dans La Dernière Heure, De Morgen, Het Laatste Nieuws

Le SCK•CEN tient à rappeler qu’il s’agit d’une étude déjà parue en 2012 et à laquelle le Centre d’Etude avait réagi à l’époque. Cette étude épidémiologique avait été réalisée par l’Institut scientifique de Santé publique (ISP) en collaboration avec l’AFCN et la Fondation contre le Cancer. Elle portait sur l’incidence de la leucémie aiguë chez les enfants et du cancer de la thyroïde dans un périmètre de 20 km autour des sites nucléaires de Doel, Tihange, Mol-Dessel, Fleurus et Chooz.

Cette étude est de conception écologique et analyse ce qui se passe dans les zones correspondant à un périmètre de 20 km autour des principales installations nucléaires. Une telle étude permet d’obtenir certaines réponses aux préoccupations de la population pour savoir s’il y a ou pourrait avoir une occurrence plus élevée d’une maladie donnée autour d’une source de pollution potentielle. Mais une telle étude étant par nature purement descriptive, elle ne permet pas de tirer des conclusions concernant toute relation causale possible, ni de tirer de conclusions au niveau individuel.

Les résultats de cette étude démontrent que dans les environs des centrales de Doel et de Tihange l'incidence des nouveaux cas de leucémie aiguë auprès des enfants et du cancer de la thyroïde ne dépasse pas la moyenne. Pour ce qui est des sites de Mol-Dessel et de Fleurus, l'incidence du cancer de la thyroïde est légèrement plus élevée qu'ailleurs. Selon les auteurs, cette incidence n'est pas exceptionnelle étant donné que dans 1 commune sur 5 en Belgique on constate une augmentation identique, même sans installation nucléaire dans les environs.

L'incidence de la leucémie aiguë auprès des enfants a également été étudiée. On n'observe pas d'augmentation significative dans le périmètre de 20 km autour du site nucléaire de Mol-Dessel. Si on réduit le périmètre autour du site, les résultats pourraient être interprétés comme étant en légère augmentation. Mais d'après les auteurs, cette conclusion serait tout-à-fait prématurée car basée sur un nombre très faible de cas, ce qui aurait un impact important sur les calculs. Les experts précisent que des conclusions scientifiques probantes ne peuvent donc pas être tirées en raison de la très petite période d’observation et du nombre limité de cancers enregistrés.

 « Le SCK•CEN se range derrière la proposition des auteurs de réitérer cette étude, lorsque des données plus complètes et plus précises seront disponibles », commente Hans Vanmarcke, expert en radioprotection du SCK•CEN et futur président du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR). « Tout comme dans le passé, le SCK•CEN prêtera volontiers son expertise en la matière dans le cadre de nouvelles études ».

La prévention et la sécurité sont une priorité absolue au SCK•CEN. La réduction de tous les risques possibles est une mission permanente ancrée dans notre culture de sûreté, dont les résultats sont minutieusement contrôlés en interne comme en externe.