Hamid Aït Abderrahim fait docteur honoris causa de l'université de Kaunas en Lituanie

Ce lundi 15 février, l'Université de Technologie de Kaunas en Lituanie (KTU - Kaunas University of Technology) a remis le titre de docteur honoris causa à Hamid Aït Abderrahim, directeur du projet MYRRHA et directeur général adjoint du SCK•CEN. Cette distinction honorifique vient récompenser ses efforts initiés en 2001 dans le domaine de la visualisation par ultrasons appliquée dans MYRRHA. Sous son impulsion, les travaux menés par les chercheurs belges et lituaniens ont donné lieu à des avancées scientifiques et technologiques majeures.

Hamid Aït Abderrahim (55) est ingénieur nucléaire et physicien des réacteurs. Diplômé de l'Université Paris-Sud, il choisit le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire (SCK•CEN) pour y mener son doctorat en 1984. Il ne quittera plus la Belgique. En 1996, il démarre le projet MYRRHA, cette infrastructure de recherche innovante qu’il développe en collaboration étroite avec divers centres de recherches et universités européens. En 2006, il prend la direction de l’un des instituts de recherche du centre d’étude, avant d’être nommé en 2010 directeur général adjoint du SCK•CEN. Hamid Aït Abderrahim est également professeur à l’Université Catholique de Louvain et membre du conseil fédéral de la politique scientifique en Belgique. Son expertise lui vaut de siéger dans différents conseils scientifiques à travers le monde, notamment au Japon au J-PARC (Japan Proton Accelerator Research Complex), en France, au Groupe Permanent des Réacteurs (GPR) de l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) et au P2IO (Physique des 2 Infinis et des Origines). En avril 2014, Hamid Aït Abderrahim est fait ‘Grand Officier de l’Ordre de la Couronne par le Roi Philippe.

Les recherches menées à Mol sous la direction d'Hamid Aït Abderrahim ont conduit au développement d'une infrastructure de recherche innovante ayant pour objectif de démontrer la transmutation des déchets nucléaires, c'est-à-dire la réduction drastique du volume de déchets nucléaires et la diminution de la durée de vie de leur radiotoxicité. L’une des particularités de cette infrastructure de recherche est l'utilisation d'un métal liquide pour le refroidissement du réacteur, le plomb-bismuth. Afin de détecter tout objet au travers d'un tel métal liquide opaque, la visualisation par ultrasons offrait la meilleure solution.

Au début des années 2000, Hamid Aït Abderrahim prend contact avec l'Institut Baršauskas de Recherche sur les Ultrasons de l’Université de Technologie de Kaunas (KTU). Deuxième ville de Lituanie, Kaunas est aussi le plus important port fluvial des pays baltes. Créé en 1960, l’Institut de Recherche sur les Ultrasons est réputé pour son expertise dans les technologies des ultrasons et plus particulièrement pour les applications des sonars, développées pour les sous-marins soviétiques pendant la guerre froide. Ensemble, ils parviennent à développer des détecteurs résistant à de très fortes températures, fonctionnant dans le plomb-bismuth liquide et supportant de fortes irradiations

Saluée par la visite du Roi Albert II et du Président Valdas Adamkus en 2006, cette collaboration a été une vitrine pour cet Institut à travers le monde. Depuis lors, l'Institut de Recherche sur les Ultrasons de KTU a conclu plusieurs accords avec l'OTAN et la Commission européenne au niveau de l'application des ultrasons dans les domaines de l'imagerie médicale et de l'étude des structures d'acier ou de béton.

« Kas skaito rašo, duonos neprašo  ». Ce dicton national lituanien pourrait se traduire par "Celui qui sait lire et écrire, ne sera jamais contraint de mendier son pain". Ce dicton, je l'ai appris en fréquentant mes collègues lituaniens et en observant leur application dans le travail, leur dévouement à notre projet commun et leur engagement total pour arriver au résultat fixé. Au cours de cette décennie de collaboration, nous avons rédigé une quinzaine de publications scientifiques dans le domaine de la la visualisation par ultrasons qui sont aujourd'hui référencées dans les travaux sur les réacteurs de quatrième génération, que ce soit en France, en Inde, en Russie, en Chine ou encore en Corée du Sud. Mais au-delà des avancées scientifiques, techniques et technologiques, la recherche est avant toute chose une aventure humaine pour celui qui est capable de l'apprécier aussi sous cet angle » , témoigne Hamid Aït Abderrahim.