Le SCK•CEN contribue à l’amélioration de la surveillance mondiale des essais nucléaires

Un projet-pilote vise à réduire les émissions de xénon lors de la production de radioisotopes médicaux

Les experts mondiaux de la surveillance des essais nucléaires et les producteurs de radioisotopes médicaux se sont rassemblés du 12 au 14 mai derniers à Bruxelles afin d’examiner les moyens permettant de réduire les effets des émissions de gaz libérées lors de la production de radioisotopes médicaux. Ces émissions viennent en effet perturber la surveillance des essais nucléaires. Un projet pilote belge testera prochainement un prototype destiné à réduire ces émissions.

La production de radioisotopes médicaux entraine des émissions de xénon identiques à celles libérées lors d’une explosion nucléaire. Soit un sacré défi pour l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires (OTICE), chargée de détecter le moindre signal lié à une explosion nucléaire dans le monde. Les émissions industrielles viennent interférer avec le travail de surveillance mené par l’organisation, qui utilise un réseau global de capteurs ultra-sensibles pour détecter le gaz noble radioactif xénon. Les niveaux très faibles émis lors de la production de radioisotopes médicaux ne sont nocifs ni pour l’homme ni pour l’environnement, mais sont par contre suffisamment élevés que pour déclencher les systèmes d’alarme sensibles de l’OTICE. L’un des moyens d’atténuer ces effets est de réduire ces émissions sans néanmoins toucher au processus de production.

Organisé par le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire (SCK•CEN) et le Pacific Northwest National Laboratory (PNNL) en collaboration avec l’OTICE, le Workshop on Signatures of Medical and Industrial Isotope Production (12-14 mai) a notamment mis à l’honneur un projet de recherche novateur soutenu par l’Union européenne et destiné à capturer directement les gaz nobles dans les infrastructures de production grâce à un système compact et polyvalent.

« Le xénon est un gaz inerte très difficile à capturer par un flux de ventilation”, explique Johan Camps, chercheur au SCK•CEN. « Il y a quelques années, nous avons trouvé une zéolithe, une matière minérale à laquelle sont ajoutés des nanoparticules d’argent et qui s’est révélée très sélective pour le xénon. Nous avons alors réalisé que cela pouvait offrir une solution pour la réduction des émissions de xénon industrielles et augmenter ainsi la sensibilité du système de surveillance international de gaz noble radioactif. »

Un prototype est actuellement assemblé au SCK•CEN de Mol et sera testé dans les prochains mois à l’Institut national des Radioéléments (IRE) de Fleurus. « Nous avons testé au SCK•CEN des zéolithes dopées à l’argent dans différentes conditions », poursuit Klaas Van der Meer, responsable de l’unité Appui à la Politique et à la Société du SCK•CEN. « Sur base des résultats de ces tests, nous avons développé un prototype que nous testerons dans une vraie unité de production de radioisotopes médicaux, en collaboration avec l’IRE. Les premiers tests débuteront en juin. »

wosmip workshop 
            Gauche: Eric van Walle, Directeur général du SCK•CEN
            Centre: Nancy Mahieu, Directeur général en charge de l'Energie
            Droite: Lassina Zerbo, CTBTO Executive Secretary

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Les particpants au "Workshop
on Signatures of Medical and Industrial Isotope Production"