Des écoles belges participent à un in-flight call en direct avec une astronaute de l’ISS

Food from spirulina    

Les missions spatiales de longue durée représentent l’un des principaux défis pour la recherche spatiale. Il est en effet impossible d’emporter suffisamment de vivres pour imaginer un jour un voyage sur Mars. Depuis 25 ans, l’Agence spatiale européenne (ESA), le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire (SCK•CEN) et d’autres partenaires scientifiques internationaux collaborent pour mettre au point un dispositif à base de bactéries capable de produire oxygène, eau potable et nourriture à partir de déchets organiques et inorganiques.

Pour les missions spatiales classiques, tout ce dont les spationautes ont besoin durant leur voyage, est emballé sur terre pour ensuite être expédié dans l’espace. Mais pour les missions de longue durée, l’affaire se corse. Plusieurs générations de chercheurs travaillent ainsi depuis près d’un quart de siècle sur un écosystème capable de fonctionner de manière autonome dans la capsule spatiale. Lancé par le SCK•CEN sous l’égide de l’ESA, ce projet baptisé MELiSSA (Micro-Ecological Life Support System Alternative) a depuis pris une ampleur internationale et fait de la Belgique une pionnière dans le développement de ce type d’écosystèmes.

« C’est la seule manière de pouvoir un jour aller sur Mars », affirme Natalie Leys, chef de l’unité Microbiologie et responsable du projet au SCK•CEN. « Pour convertir le CO2 en oxygène, nous utilisons un procédé bien connu : la photosynthèse. Et pour transposer ce processus dans l’espace, nous devons faire appel à la microbiologie. Nous sommes partis à la recherche des plus petits organismes capables de réaliser la photosynthèse et c’est ainsi que nous avons trouvé les cyanobactéries, dont la spiruline. Il était important de travailler à petite échelle car un arbre ne tient évidemment pas dans une capsule spatiale ! »

De l’espace aux classes

L’équipe du projet MELiSSA mise aussi beaucoup sur l’éducation des plus jeunes. Pour mieux faire connaitre cette recherche spatiale, à la fois fascinante et complexe, elle a lancé le projet « Food from Spirulina » et envoyé en mars dernier des kits expérimentaux sur la photosynthèse à des écoles des quatres coins d’Europe. Des milliers d’élèves ont ainsi enfilé leur tablier de laboratoire pour mener des expériences à base de spiruline, une bactérie clé du projet MELiSSA qui a notamment pour particularité de pouvoir produire de l’oxygène.

Parmi ces scientifiques en herbe, 100 élèves belges ont été sélectionnés aux côtés de leurs camarades suédois et grecs pour participer aujourd’hui à un in-flight call en direct avec l’astronaute Samantha Cristoforetti, présente à bord de la station spatiale internationale ISS. Organisée par le SCK•CEN dans le hall des turbines de son ancien réacteur de recherche BR3, cette vidéoconférence a permis aux élèves de poser leurs questions en direct à la spationaute et de partager avec elle les résultats de leurs travaux.

 

IFC - Samantha Cristoforetti