Le SCK•CEN investit 3 millions dans une nouvelle animalerie

Recherche sur l'impact d'une faible dose d'irradiation dans la lutte contre le cancer, les maladies cardiovasculaires et les affections cognitives

Le SCK•CEN fait depuis des années office de pionnier dans la recherche internationale sur les conséquences de l’exposition à de faibles doses de rayonnement ionisant. En Belgique, les applications médicales – essentiellement l’imagerie, mais aussi la radiothérapie – sont responsables de plus de 95 % des expositions à des sources de rayonnement non naturelles. La recherche sur les effets de cette exposition se focalise entre autres sur la vie la plus sensible : la vie à naître. Lors d’une radiothérapie ou d’un diagnostic radiologique, le fœtus peut être exposé directement ou indirectement au rayonnement. Et cette dose subie lors d'une thérapie peut avoir des conséquences pour le fœtus, comme le développement d'un cancer ou un retard de développement du cerveau. Chez les adultes, le SCK•CEN mène également des recherches sur les maladies cardiovasculaires, notamment dans le cadre du cancer du sein après irradiation.

Si les études de laboratoire au niveau cellulaire et moléculaire font fortement avancer la science, les essais sur les souris restent essentiels afin de déterminer l’importance des effets constatés à court terme. « Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons prouver irréfutablement les conséquences à long terme pour l’homme, et que nous pouvons chercher des solutions afin de réduire ou de prévenir cet impact », précise Hans Vanmarcke, responsable du groupe d’expertise Biologie moléculaire et cellulaire du SCK•CEN. « Pour ce type de recherches, les souris sont les sujets les plus appropriés, puisqu'elles sont génétiquement identiques à l'homme à plus de 95 % et que le développement embryonnaire est très rapide. »

A la pointe de la technologie

Jusqu’il y a peu, le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire faisait appel à des souris de laboratoire mises à disposition par le ‘Vlaamse Instelling voor Technologisch Onderzoek’ (VITO) - l’Institut flamand de recherche technologique. Ce dernier n’ayant entretemps plus besoin de cette infrastructure et ayant donc décidé de fermer ses portes, le SCK•CEN a décidé d’anticiper les choses et de construire sa propre animalerie. Un projet de taille répondant aux exigences les plus strictes en matière d’hygiène et de bien-être des animaux.

Le bâtiment représente un investissement de plus de 3 millions d’euros et est équipé des techniques les plus modernes. Les procédures d’accès pour les animaux, le personnel soignant ainsi que le matériel protègent les souris contre les influences extérieures. Le bâtiment est doté d’une climatisation sophistiquée prévoyant une ventilation individuelle par cage. Des matériaux spéciaux pouvant être nettoyés et désinfectés à fond ont également été prévus partout. Au niveau du bien-être de l’animal, tout a été savamment étudié, notamment pour minimiser le stress. Ainsi, le jour, la nuit et le crépuscule sont fidèlement simulés, et une musique de fond adaptée est constamment présente dans les loges des souris.

Selon Sarah Baatout, responsable de l’unité Radiobiologie du SCK•CEN, ce choix est doublement justifié : « Ces investissements au niveau du bien-être des animaux et d’une hygiène optimale profitent non seulement à la qualité de vie des souris, mais également à la qualité de notre recherche scientifique. »

Règles strictes

Grâce à une sélection rigoureuse des souris présentant les plus grands risques de développer la maladie étudiée, le nombre d’animaux a été considérablement réduit au fil des ans. La nouvelle animalerie et le suivi très strict des expérimentations animales par une commission éthique permettent aux chercheurs du SCK•CEN de travailler dans des conditions optimales, tant pour l’homme que pour la souris.

Aussi, le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire approuve totalement l’esprit du nouvel arrêté royal relatif à l’expérimentation animale. Cet A.R. impose une justification stricte de l’utilisation d’animaux de laboratoire et insiste sur leur bien-être, avec pour principe fondamental la règle des trois R :

  • Remplacement : prouver que le modèle animal choisi est indispensable à l’expérience et qu’il ne peut être remplacé par d’autres modèles.
  • Réduction : utiliser le moins d’animaux de laboratoire possible.
  • Raffinement : la méthode utilisée doit être la plus efficace possible afin que l’expérience fournisse un maximum d’informations.

 

animal faciliy - individually ventilated cages

animal facility interior

animal faciliy - exterior

animal faciliy - interior